Victor Hugo- Être aimé (1874)

Être aimé
Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !

14 mars 1874

# Posté le jeudi 10 janvier 2008 19:29

Modifié le mardi 27 octobre 2009 19:17

Définition de irrespect, nom masculin

Manque de respect. Montrer de l'irrespect.


Définitions de respect, nom masculin

Sentiment qui porte à accorder une considération admirative à une personne ou à une institution qui possède une grande valeur morale ou sociale. Un immense, un profond respect. Attitude, sentiment de respect. Une personne digne de respect. Elle mérite le respect. Avoir, témoigner du respect à qqn, envers qqn, pour qqn, à l'égard de qqn. Manquer de respect envers qqn. Inspirer le respect. Jouir du respect de ses pairs, de ses enfants. Un tel acte impose, commande le respect. Je l'ai fait par respect pour vous.

Fait de tenir compte des prescriptions. Respect des lois, de l'horaire, des ordres. Inculquer à un enfant le respect de la tradition.

Souci de ne pas porter atteinte à qqch. Respect d'un idéal, de la liberté d'expression.

Respects : hommages. Présenter ses respects à qqn. Je vous assure de mes respects. Mes respects!

À bon entendeur, salut! C'est tout ce que j'ai à dire.


Source: Antidote 2009
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 14:24

Modifié le mardi 27 octobre 2009 19:06

C'est là qu'on voit ceux qui sont nos vrais amis...

...et ceux qui ne l'ont jamais réellement été, malgré les apparences.

Je sais ce qu'est la véritable amitié, parce que je te connais. Je me rapelle pas comment, ni pourquoi, tout ce que je sais, c'est que tu es toujours là. Tsé des fois dans vie, on réalise que quelqu'un compte beaucoup pour nous, comme ça, par hasard. Ça m'arrive des fois quand tu me dis des affaires, comme tantôt. N'importe qui aurait pu penser que je buvais un café dehors. Toi non, tu savais que c'était certainement pas ça. Y'a des amis, avec qui tu peux pas tout dire, tu peux pas tout faire...parce qu'au fond, ce sont pas des vrais amis. Avec toi, je pourrais faire n'importe quoi, j'ai l'impression que tu partirais pas. Parfois, tu perds de vu quelqu'un, une semaine, deux semaine ou bien un mois. Quand tu l'a revois, tu la reconnais pu, tu sais pu c'est qui. Ça peut arriver même après 2, 3, 4 ou bien 5 jours. Toi je te connais tout le temps, peut importe le temps. Tu changes, t'évolue, mais t'es toujours MON amie. J'aime ça dire ça mon amie. Ça fait possesif, genre tu m'appartiens, mais au fond, je sais que ça fait juste dire que je tiens à toi. Je peux pas m'empêcher de me rapeller des souvenirs, des choses que y'a juste toi pis moi qui peuvent les raconter. Des choses qui nous appartiennent. Je te dis ça parce que ce soir je me rend compte qu'y a des gens qui meurent. Qu'y a des gens qui partent. Je te dis ça parce que si j'avais une personne à sauver ce soir, ça serait toi. Est-ce qu'on peut parler d'amour, je pense que oui, de l'amour amitié si tu veux. Je t'aime comme une soeur, mais une soeur avec qui je me bats pas pour la télécommande, une soeur qui prend pas la salle de bain pendant une heure. Jt'aime comme une soeur avec qui je me dispute un peu, des fois, comme ça, mais que y'a jamais de cries, jamais de coups, jamais de séparation. Je t'aime parce que je peux arriver chez toi, juste pour aller chercher quelque chose, pis finalement rester pendant deux heures. Je veux que tu comprennes, que même quand les années auront passé, je vais toujours me souvenir de "Adam et Bob", des chevaux à l'île, de la sloshe pour les fourmis, de nos longues conversations téléphoniques. Je sais que ça semble exagéré, émotif et complètement mélodrame, mais j'ai l'impression de jamais te dire que tu comptes pour moi pis que je te considère comme une des véritables amis(es) qui se comptent sur les doigts d'une main.


Tu te reconnaîtra.


WTF

# Posté le lundi 01 mai 2006 16:53

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 09:31

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Parce que je viens de manger mon deuxième Cherry Blossom sans cerise à vie.
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Je dois rendre ma T-83 Plus et ça me fend le coeur


# Posté le vendredi 28 avril 2006 14:15

Modifié le jeudi 20 août 2009 14:11

L'eau du fleuve montait lentement, tout près de moi sans se soucier d'aucune façon, du fait qu'elle allait m'atteindre. Si elle le voulait, elle aurait pu m'emporter. Jace

 L’eau du fleuve montait lentement, tout près de moi sans se soucier d’aucune façon, du fait qu’elle allait m’atteindre. Si elle le voulait, elle aurait pu m’emporter. Jace
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Ça sentait l'eau. Pas le chlore , pas l'essence des bateaux à moteurs. Juste l'eau. Avec un petit mélange subtil d'algues, de sels, de poissons. Ça sentait bon. Quelque chose de frais, de libérateur. Juste de l'eau. De l'eau froide probablement, voire glacée. Qui montait à vu d'½il sur la berge déjà englouti. La plage, une belle plage de sable que l'on ne pouvait apercevoir, prise au piège. Recouverte par une eau sombre, mais translucide, une eau mouvementée.

C'est dans cette eau-là que j'aurais voulu disparaître. C'est dans cette eau-là que j'aurais voulu vivre. J'aurais voulu qu'elle emplisse mes poumons d'un coup et qu'elle en profite pour se glisser partout – mes yeux, le long de ma colonne vertébrale, dans mes doigts, le bout de mes orteils - . Enfin j'aurais pu sentir l'eau. Son toucher délicat.

Ça sentait l'eau, le froid, le vent, les rochers. J'aimerais que ça sente toujours comme ça, partout autours de moi. Et je veux bien, le bruit des vagues qui doucement viennent mourir à mes pieds. Y'avait une mouette, légère, banale, mais poétique, qui doucement polissait l'ensemble. Et puis y'avait l'eau, toujours l'eau, belle et immense. À en crever.
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# Posté le jeudi 27 avril 2006 17:41

Modifié le jeudi 28 août 2008 10:46